Comment est construit un rêve ?

 

« Le rêve est l’aphorisme du sommeil. » (Georges Perros)

 

Se réveiller le matin avec des bribes de rêve éparses et se demander si toutes ces images dispersées ont un sens. Cela vous arrive ?

Le chaos au réveil...

Il y a quelques années, cela m’arrivait tout le temps. Et je me demandais : « qu’est-ce tout ça peut bien vouloir dire ? » Je me demandais même si tout cela avait vraiment du sens. Parfois, je le rattachais à ce que j’avais mangé le soir même, en me disant : « j’ai rêvé d’une poissonnerie parce que j’ai mangé du poisson hier soir ! »

Mais cela ne me satisfaisait pas. Loin s’en faut ! D’autant, que les images qui me restaient en tête s’accompagnaient d’un état émotionnel qui n’avait rien à voir avec ce que j’étais en train de faire, ni avec la perspective de ma journée. Comme si j’avais vécu un évènement durant la nuit !

Il ne m’en a pas fallu plus pour me décider à tenter de comprendre ce que ces images pouvaient bien signifier. Mais, après en avoir étudié la symbolique, je restais sur ma faim…! D’accord, d’après mes recherches, le poisson du rêve pouvait représenter mon énergie psychique mais je me rendais compte que son statut avait évolué durant le rêve : d’abord cru sur l’étal du poissonnier, puis cuit et disposé par des souris cuisinières dans un plat flottant au milieu d’une rivière… Je finis par conclure que j’avais vécu une véritable histoire avec un début, un milieu et une fin. Le rêve avait donc une structure.

« Les rêves sont des messages qui nous sont envoyés dans la nuit. Si nous les oublions au réveil, ces messages sont définitivement perdus. » (Bernard Werber)

Quel que soit le type de rêve, parce que oui ! il en existe plusieurs (cf. article à venir) ! Il est structuré ! Il constitue le langage de l’inconscient et délivre un message. Par conséquent, comme tout message il comporte une structure, de manière à être compris. Nous avons vu qu’il est constitué de symboles, et que ces symboles sont, en quelque sorte, mis en scène.

Rouages

Afin d’illustrer le propos, voici un court rêve (raconté par un patient) dont nous allons analyser la structure :

« Je suis dans une gare pour prendre un train.  Je monte dans le wagon qui semble être celui de tête. Je me retrouve à côté d’une jeune femme avec des cheveux plutôt blonds. Nous sommes quasiment le nez sur la vitre et je lui demande quelle est la prochaine gare car je réalise que le train va à Strasbourg et moi c’est à Paris que je dois aller… Puis, je suis dans un autre endroit du train, dans un wagon plus spacieux avec des gens que je n’identifie pas sauf une personne : c’est Douillard mon bailleur. Il tape sur les jambes des personnes qui l’entourent. C’est insupportable. Je le vois avec une coupe de cheveux particulière : il est rasé sur les côtés et sur le dessus les cheveux montent pour retomber vers l’arrière !

Il m’agace, alors je lui demande si je peux l’aider à couper le reste de ses cheveux. »

Nous n’interpréterons pas le rêve ici car ce n’est pas le propos (si l’interprétation de ce rêve vous intéresse, suivez notre formation à l’interprétation des rêves). Nous allons seulement en regarder la structure.

La première phrase indique où se trouve le rêveur. Il s’agit de la situation de départ. Dans un rêve, la situation de départ, en lien avec le contexte diurne du rêveur (voir article ultérieur : les éléments nécessaires à l’interprétation d’un rêve) donnent le « La », nous indiquent en quelque sorte, quelle est la problématique que le rêveur est en train de régler, ou de tenter de surmonter dans sa vie réelle. Ici, le rêveur est dans un train : il a donc choisi une voie et a prit un nouveau départ pour sa vie professionnelle. Nous l’appelons la Proposition du rêve.

Ensuite, dans ce lieu, il se produit quelque chose. C’est la Narration. Selon les cas, elle peut être plus ou moins longue, plus ou moins complexe. C’est le cœur de l’interprétation des rêves (voir notre formation).

Enfin, le rêveur cherche une solution à son problème. Il en a assez d’être agacé. Le terme « alors » introduit cette solution. Il demande à son bailleur s’il peux l’aider à couper le reste de ses cheveux. Il a dû identifier que sa coupe de cheveux est la cause de son attitude et lui propose de l’aider car il ne veut pas l’attaquer de front. Il en a besoin, c’est son bailleur. De plus, dans la vie, ce patient se forme pour devenir coach, il aide les gens. C’est donc la voie qu’il choisi pour régler la situation d’agacement. On rêve toujours comme on pense ! Cette dernière phrase constitue donc l’Epilogue du rêve.

Voici donc les trois phases constitutives de la structure d’un rêve :

  1. Proposition
  2. Narration
  3. Epilogue

On peut donc parler d’une syntaxe du rêve, comme dans tout récit littéraire (cf. article « Les rêves dans la littérature »). Jean Cocteau l’avait très bien compris. N’a-t-il pas écrit : « Le rêve est la littérature du sommeil ». Il l’a magnifiquement illustré dans son œuvre, et plus particulièrement dans son film La Belle et la Bête (1946).

Mais alors, quid des rêves dont vous ressortez complètement stressés et hagards au petit matin ? Ceux qui ne comportent pas de « Dénouement » ? Et bien, c’est ce que nous appelons communément, un cauchemar (voir notre formation) ! Le problème est exposé par l’inconscient par le biais des symboles mais il n’en connait pas la solution à ce moment-là. Le cauchemar est un bon indicateur, s’il est bien interprété, de ce qu’il convient de régler, dans une démarche de développement personnel.

Alors, rassurés ?! C’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît, vous ne trouvez pas ?!

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